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samedi 2 juin 2012

Le néo-paganisme : USA vs FRANCE

Le néo-paganisme est apparu vers la fin du 19è siècle, incluant dans ce mouvement la résurgence du druidisme (Grande Bretagne, Irlande),  de l'Odinisme (pays Scandinaves), de l'hellénisme, du panthéisme, mais aussi l'apparition de la wicca, religion à part entière. Il s'est aussi vu greffer le mouvement New Age au 20è siècle, connaissant un certains succès dans les pays anglo-saxons, notamment aux États-Unis. Selon plusieurs sondages, les USA compteraient 200 000 (Stats Canada, en 2001) à 800 000 païens (The Covenant Goddess, en 2000)*. Dans l'espoir d'être reconnus, les néo-païens ont souhaité une réunification en 1998 au sein du Congrès mondial des religions ethniques (WCER).

Au vu de la multiplicité des origines géographiques et culturelles des mouvements néo-païens apparaissant en pointillé sur le canevas des religions, on peut aisément conclure qu'il existe de nombreuses divergences de pratiques, de croyances, et de traditions. Ces dernières reflètent en effet un mode de vie, une mentalité, une histoire et des us et coutumes qui varient d'un pays à l'autre.

Quand on regarde les reportages sur le paganisme et la sorcellerie (deux notions différentes, mais souvent entremêlées), on constate que : 
- les reportages sont presque tous en anglais
- les acteurs de cette mouvance ont souvent autour de 45 ans

C'est dans les années 60 que le néo-paganisme a réellement été entendu, et en quelque sorte démocratisé. Il est intéressant de constater que le fort mouvement féministe apparu à la même période, et le phénomène de la contre-culture ont vu fleurir de nombreux théoriciens, et de nombreux porte-paroles qui ont contribué à faire connaître le paganisme et la wicca aux États-Unis.

Pendant que les manifestations aux USA étaient menées par des personnes comme Starhawk, en France, il y avait Simone de Beauvoir, incarnant le féminisme intellectuel. Finalement, les phénomènes qui se sont développés dans les pays Anglo-saxons et en France traduisent la pensée locale : aux USA, on fait plus confiance en une personne spirituelle, alors qu'en France, c'est la rationalité qui prime. Mais là où en France, le combat était surtout mené par les élites intellectuelles, j'ai l'impression qu'aux États-Unis par exemple, Starhawk ne touchait pas seulement l'élite, mais un peu toutes les couches de la population.
Starhawk

Simone de Beauvoir

Le cas de la libération de la femme est peut-être représentatif de ce phénomène : en France, c'était de l'ordre de la rébellion intellectuelle, alors qu'aux USA, cela touchait AUSSI la sphère spirituelle, et ce n'est pas si étonnant quand on voit l'influence de la foi -toutes religions confondues- aux USA.

C'est assez intéressant de constater les différentes directions prises... En France, il aurait été compliqué de mettre en avant un tel mouvement, vue la tradition laïque et athée omniprésente, (stricte séparation de l’Église et de l’État depuis 1905) les croyances religieuses étant vues principalement comme des superstitions par l’intelligentsia française... Il n'y a qu'à voir l'analyse statistique de l'athéisme en Europe, la France remporte le premier prix avec 35% d'athées :


Aux États-Unis par contre, les croyances religieuses sont très prégnantes, 48 états oscillent entre 70 et 90 % de population se qualifiant de religieuse :

Pour la France (malheureusement, la carte ne montre que la croyance monothéiste en Dieu, mais cela ne doit cependant pas atteindre les sommets américains!), 35% semble concerné : 

Ainsi, les jeunes impliqués dans la révolution féministe/la contre-culture étaient aussi touchés par le mouvement Reclaiming mêlant féminisme et magie (initié par Starhawk), donnant naissance à la "popularisation" du néo-paganisme, de la wicca et la création de covens. Cela expliquerait que les païens anglo-saxons impliqués dans des covens aient pour les plus jeunes 45 ans. En effet, ces derniers ont été élevés dans la mouvance révolutionnaire intellectuelle, humaniste et spirituelle des 60s. 

Par contre, du côté de la France, le versant spirituel n'est pas apparu au même moment. Le néo-paganisme semble avoir touché de façon plus étendue les français vers les années 80-90, mouvement directement importé des USA via les séries, les films, et les romans fantastiques. Il y avait certainement quelques païens qui lisaient toute la littérature reclaiming, sorcière, et magique outre-manche, mais il me semble que ces croyances et cette pratique se soient installées dans les années 90. J'ai moi-même été attirée par cette voie-là via les séries comme Charmed, où les sexy soeurs Halliwell découvrent les pouvoirs qui les unissent et combattent d'éternels démons ; Buffy où son amie Willow, l'intello de la bande, découvre la magie à travers un cercle de sorcières à l'université et ses pouvoirs se développent de façon fulgurante, à travers plus récemment Vampire Diaries, The Secret Circle avec en têtes d'affiches des ados héroïques, spéciaux, uniques. A travers le cinéma aussi dans Les Sorcières d'Eastwick en 1988, trio farfelu de femmes se révélant grandes sorcières et par la même bombasses, The Craft en 1995, quatuor d'amies rebelles et rejetées par la norma adolescente et ses codes trouvant alors leurs identités dans la sorcellerie, Les ensorceleuses en 1998, duo de soeurs vivant une épopée sentimentale et dramatique saupoudrée de magie, etc. etc.

Charmed

The Craft

La magie y est toujours représentée comme étant : un phénomène communautaire (groupes d'amies, covens), rendant des individus "average" (ados paumés, intellos, filles légères) merveilleux, héroïques, parfois maléfiques, mais leur conférant une intensité et une unicité qu'ils n'auraient jamais connue sans la magie. 

 Rituel du Secret Circle

Je pense que pour beaucoup de jeunes français, cette vague médiatique de la sorcière branchée a constitué une inspiration et une première porte d'entrée dans le monde de la magie, de la sorcellerie, puis dans le néo-paganisme. La pratique païenne en France semble encore à ses balbutiements : beaucoup pratiquent seuls, témoignent d'une forme de foi, de croyance, mais vivent cachés, n'osant pas sortir du placard à balais, sclérosés par cette mentalité très athée et cartésienne qui domine la pensée française.

Pour conclure cette vague et rapide analyse non-représentative de la richesse polymorphe de la réalité, je souhaiterais avoir vos avis : selon vous, qu'est-ce qui a construit le mouvement néo-païen en France, aux USA? Ailleurs? Quelles autres différences constatez-vous?

* voir le site de statistiques http://www.religioustolerance.org/wic_nbr2.htm qui énumère les différents sondages réalisés à ce sujet.

mardi 17 janvier 2012

Le beau? (notes brouillonnes)

On dit que la beauté est subjective. Mais on dit aussi que le beau n'est que l'équation de l'harmonie et de la symétrie. On trouve beaux ceux avec qui on veut secrètement se reproduire, pour la survie d'une espèce belle. Mais moi je crois surtout que le beau équivaut à ce qui n'est pas dérangeant visuellement, cela se rapproche de la symétrie, d'un aspect manifestement lisse.

Certains associent l'idée du beau à celle de "l'agréable". Mais le beau n'implique généralement que la vue. L'agréable implique les autres sens, et touche à la notion de plaisir qui est une sensation corporelle. Mais le lien beauté/plaisir ne tient pas la route car la personne jugée belle ne garantit pas de "plaisir" pour autant! Le plaisir ressenti face à sa contemplation ressemble à celui ressenti lors de la contemplation d'une statue, d'un tableau, d'un paysage que l'on trouve esthétiquement harmonieux, stable, régulier. Certes, une certaine beauté se dégage d'une personne vivante en mouvement, mais dans cette "contemplation", on ne peut s'y perdre, ni mettre tellement du nôtre comme dans une oeuvre d'art immobile-réceptacle de nos projections et désirs. Face à la belle personne, nous sommes aussi attirés par la conjugaison nouvelle des sens et du mouvement (non trouvée dans la contemplation d'oeuvres d'art). Ce qui nous attire dans la "beauté animée" de la belle personne, c'est son aspect nouveau, autre mais proche, partenaire sexuel potentiel identique mais différent, identique et dans cette similarité on y retrouve le point commun avec la contemplation de ses propres idées dans une oeuvre : on contemple un peu de soi et de ses projections dans autrui ; autrui demeure dans ces moments-là le fameux miroir agréable. Mais dans cet aspect nouveau de l'autre se loge aussi une quête de soi : on est attiré par la nouveauté, car elle représente ce que nous n'avons pas exploré, ce que nous ne connaissons pas de nous : l'autre qui nous attire demeure notre lien vers le monde. Sans autrui, nous vivons dans le pur solipsisme, et sans notre engagement envers autrui, le désir irrationnel de le suivre, l'impulsion grégaire de s'entourer de monde autour de nous fait qu'autrui nous sert un peu de fil d'Ariane dans le dédale vivant que nous traversons quotidiennement, presque aveuglement.

La beauté plastique ne m'émeut pas tant : je la contemple, je m'y perds (dans l'harmonie parfaite), j'y contemple mes propres songes/pensées, mais je ne suis pas "aroused". Par contre, ce qui me fait plus d'effet, c'est l'Eros absolu : le voilé/dévoilé, laisser entrevoir, cela attise le désir et donc le plaisir (bien que le plaisir puisse aussi naître de la contemplation du beau), mais c'est un vrai plaisir-quête de +/désir. Pour moi, la beauté seule n'est pas suffisante, je préfère qu'elle soit animée par une chaleur, un désir de vivre, une certaine impétuosité, qu'elle incarne ce que je n'ose pas être et admire, et aimerais devenir. Mais le désir s'instaure souvent pour des êtres qui ont plus vécu, qui ont ce bonus d'expériences, car ce sont des fils d'Ariane plus intéressants que ceux qui en savent autant que moi. J'aime qu'être avec cette personne soit à la fois un défi et l'impression d'être avec un pair, un sentiment constant de jouer sa place et d'être avec les siens, à sa place.

mercredi 20 avril 2011

Et on ne grandira jamais...


Après une discussion éclairée avec Le point G, (he's always got a point)... on en est venu à la conclusion que ma génération était une génération sacrifiée à qui on a jetée trop de poussière de fée aux yeux. Autrement dit, on a passé beaucoup d'heures à se payer du rêve, et à vouloir être unique et reconnu en éloignant au plus possible la réalité. La réalité du taf, la réalité des factures, et la réalité de la "normalité". Car la normalité, c'est pas bien vu. On est tellement plein d'idéaux utopiques qu'on méprise cette normalité, consciemment ou non. On veut s'illustrer dans un domaine, voire plusieurs, être tous des artistes, et on cultive le souhait de reconnaissance. On alimente nos rêves, sans s'apercevoir que les élus seront deux gouttes d'eau dans l'océan.
On a été et on est bercé de ça :

- des pouvoirs magiques qui consistent à brandir des baguettes magiques et lancer des regards mystérieux de la mort qui tue (en imaginant que nos yeux jètent des éclairs) en se proclamant clairvoyants lucifériens


- des groupes de copines goth/sorcières/perdues/geek/cool, rayez la mention inutile, avec qui on traîne tout le temps car plus on fait les mêmes trucs collectivement, (souhait clanique oblige) plus on se fabrique de l'identité individuelle. (c'est tordu hein?)



- des livres trop anciens trop rares qu'on pourra montrer à ses copines en se la pétant grave. (t'as vu, j'ai un livre unique = t'as vu, j'suis unique = je possède donc je suis.)



- des trucs de ouf trop sensationnels qu'on fait avec ses potes entre les pyjamas parties et les boutiques. "c'était pas notre imagination non!" (putain on est vraiment originales et uniques! = distorsion de la définition d'unicité... ah bon un groupe c'est pas "un"? peut-être UN cerveau pour 4 oui...)

(légères tendances paraphréniques dans mon adolescence je dois avouer...)

- une maison de folie qu'on partagera avec notre bande de potes de fac dans laquelle on fera une coloc bigarrée et joyeuse pour toujours.


- une carrière d'écrivain parce qu'à 10 ans on écrivait des poèmes que les parents affichaient à côté des photos de famille sur la cheminée...


- le lifestyle de rockstar qui va avec


- une carrière de musicien parce qu'on gratouille une fois l'an...

En conclusion,
Ne nous méprenons pas, j'ai pris du LSD et des anabolisants dans mon biberon, j'ai bien été élevée aux herbes magiques, et je mangeais ma soupe dans un chaudron.

J'ai adoré ces années de rêve, et je rêve toujours autant. Mais je dois faire un bilan de mon utilité sociale : nulle. Je ne pourrai pas vivre éternellement ainsi, pourtant entrer dans l'engrenage du travail et de la normalité me donne de l'urticaire et me fout les pétoches à mort. Pas mal de gens de ma génération ressentent la même chose, et cultivent aussi leurs jardins utopiques avec ardeur. Le point G arguait que toutes ces séries, ces films n'avaient pas forcément aidé. Je suis d'accord, je suis toujours aussi fan de Buffy, des supers pouvoirs, et je serai toujours bon public pour qu'on me lance de la poudre aux yeux. Mais je reconnais que tout ce pan strass et paillettes de nos vies nous donne une vision tellement géniale-wahou-méga-épileptique des choses que la normalité paraît fadasse à côté. Et se reconnecter aux choses simples et nécessaires à notre survie devient difficile. Réaliser un rêve c'est tout un parcours, on se berce un peu d'illusions, ça nous fait comme de l'électricité dans le corps, on vit pour ce rêve, et puis on le réalise, on se rend compte qu'il est somme toute pas si EXTRAordinaire que ça. Alors on poursuit un autre rêve pour obtenir cette sensation électrique à nouveau... Mais en ce monde, ce sont nos actions qui comptent. Ce sont les interactions qu'on aura avec les autres. Chercher dans le rêve la sensation de bonheur pour devenir frigorifiée par les sensations du réel, là c'est chaud. C'est la déconnexion. Et je me sens très souvent déconnectée. J'aimerais toujours rêver, mais je vais devoir essayer de me diluer dans la norme, juste pour (sur)vivre, et ne pas me désaxer de l'humain pour toujours.

mercredi 15 décembre 2010

Un grand espace à soi

Plus je vis, plus je me rends compte à quel point un GRAND espace est nécessaire à notre survie mentale, émotionnelle et spirituelle. Ici, dans ma cage à lapin bien mignonne, je péris à moitié. J'aime ce nid douillet, mais il me contraint à beaucoup dormir, à beaucoup faire pour la survie de l'espèce, mais pas à déployer mon imaginaire, ni à percevoir la clarté de l'horizon. Ici, ma perspective est réduite, me renvoie à la matérialité, et ne m'offre qu'une poésie urbaine sporadique.
On a besoin d'horizons dégagés pour nettoyer et élargir nos frontières mentales, on a besoin de grands espaces pour s'exprimer plus aisément, pour ne pas être heurté à la moindre contrainte qui nous renverrait à une matérialité bien trop présente, à des mouvements bêta bien trop répandus, au lieu de nous élever à l'alpha et au gamma... On a besoin de pulvériser nos plafonds LIMITATIFS, d'atomiser les murs, de destroy ce qui gêne notre épanouissement total.
L'espace réduit signifie (pour moi) relation réduite de soi à l'univers. Signifie repli sur les besoins primaires de l'humain ou sur ses obsessions, signifie circuit fermé car bien trop auto-alimenté. Invasion de l'obsession, de la monomanie, sphère physique et mentale complètement surinvesties. Peu de place pour l'émotionnel, l'artistique et le spirituel.

samedi 11 décembre 2010

Ecriture automatique

Viendra une ère où la lumière sera bougie, où les époques se chevaucheront, plus de montres nous n'aurons, plus de devoirs stupides nous nous imposerons ; la terre et ses enfants nous cultiverons ; l'astre nous grandira, le ciel nous parlera ; dans les arbres nous vivrons en hauteur plus proche du ciel ; ce sont les montagnes qui gagneront ; plus fortes que les collines de métal qui envahissent le mental. Le paysage du coeur se propagera, se mêlera à nos rancoeurs nos douleurs et nos bonheurs car nous l'aimerons nous l'incarnerons. L'homme se débarrassera de ses angoisses de surface qui périment en profondes détresses. Il vivra en harmonie dans le monde ; animaux, végétaux, tout aura un lien. Sacrés nous sommes Sacrés nous serons car un jour nous le fûmes et souvent nous l'oublions.
S'approprier les rythmes des saisons et des ambiances comme les siens ; ne pas suivre l'oppressante tradition, emprunter le chemin adjacent et abscons, peut-être, mais le vivre vraiment, loin des déterminismes et des carcans d'Idées. Être l'Idée dans ce sentier qu'est ma vie, LA vie, L'Essence même de la vie : le Sentier.
Afin de créer, je dois être dans un état d'ouverture totale, suivre le fluide universel et ne pas m'assigner de but. Ainsi je suis libre et la poésie sans objectif restrictif m'envahit.

Je ne peux forcer la création, elle sort ou ne sort pas, elle ne s'invente ni ne s'improvise, elle s'impose toujours ; c'est une évidence à expulser tellement elle encombre l'esprit et le remplit d'une joie indicible mais qui se vit.

jeudi 9 décembre 2010

YANG

Vie actuelle =
Amour : OUI
Fac : NON
Travail : OUI
Vie sociale : NON

Savoir si les différentes sphères de notre vie nous conviennent n'est pas chose aisée. Quand je pense à la fac, j'ai envie de dormir, quand je pense à mes amis inexistants, j'ai envie de rentrer dans le sud. Quand je pense au reste, je suis à ma place, en accord.

Il faut quand même un LONG parcours avant de s'en rendre compte. La fac = 500€ pour comprendre que ça ne m'intéressait plus du tout. Et des heures peut-être perdues à lire des choses qui ne me motivent pas.
Il faut cracher son fric, cracher de sa vie pour comprendre. Sinon c'est confortable et on s'en accommode. Quel verbe atroce. S' accommoder = prendre l'apparence d'une commode pleine de tiroirs qui range, catégorise, intériorise, et ne mélange pas, reste figée. C'est clairement pas un mot HUMAIN.
Plus je creuse dans l'abstraction et plus je deviens hermétique aux relations humaines non-personnelles, non-réflexives, non-agitatrices de questions existentielles. Après tout, je n'ai pas besoin de crème relationnelle, je me torche avec. Mais pour autant, comment éviter toute imperméabilité sociale?
l'avenir ne veut rien dire
le présent jamais ne ment.
ce qui EST,
c'est l'instant T
le vivre
C'est la vérité.
Le fantasme est le coffre-fort de l'âme, il se remplit, se chérit, dessus on y dort, mais à quoi bon le verrouiller si jamais il ne vit?

lundi 4 octobre 2010

Self-vampirism

n°1 = APPRENDRE A DESAPPRENDRE

SUS-TENTATION DE L'HOMME

EQUATION DE L'ETRE?
CHAOS
AUTO-CONTEMPLATION
IL TRONE DANS NOTRE VIE...

SE NOURRIT...
ET DANS L'OBSCURITE, IL NE RESTERA QUE...

lundi 9 août 2010

La nuit...

Article écrit il y a plus d'un an et demi...

re-définition du temps : qu'est-ce que la nuit?
J'ai fait une drôle d'expérience récemment. Au beau milieu de la nuit vers 1h, alors que je venais tout juste de m'engouffrer dans la sphère du sommeil, quelqu'un m'appela. Réflexe immédiat : je décrochai, les yeux encore noyés sous le couvercle lourd du sommeil. Tout d'abord, les mots coulaient seuls, et je n'avais pas besoin de solliciter mes neurones, ils établissaient les connexions directement, sans même que j'interfère dans ces labyrinthes de complexité! Je me découvris beaucoup plus loquace qu'à mon habitude, n'hésitant pas à enrober, détailler, expliciter, et éclairer sans cesse mes propos de nouvelles lumières, que le jour, la ligne droite de la raison n'étaient pas en mesure de m'apporter.
La nuit est l'espace du labyrinthique, du floutage des frontières, de l'instinct ainsi que de l'intuition. Selon une étude, l'être humain ne devrait pas morceler ses journées en 24h, mais 25. 25h, c'est ce qui se rapprocherait plus idéalement de notre rythme naturel... De même, pourquoi se lever le matin à 6h ou 7h? Pourquoi pas à 8h, et le lendemain à 9h, puis 10h etc. Voilà qui nous libèrerait du lourd faix qu'est de se lever. Esclavage quotidien à son instrument de torture le plus familier : le réveil. S'il nous était permis de nous auto-gérer, nous pourrions faire de nos journées des lieux de détente et de plaisir, dépourvues de l'aspect mathématique, rigoureux, et castrateur de nos emplois du temps. On n'a jamais cessé de diviser le temps, de vivre selon des calendriers, des horloges, de s'habituer à ce « confort », ou plutôt à cette subordination à des automates censés nous faciliter l'existence, nous épargnant bien des questionnements, et doutes sur notre façon de mener notre vie. Mais à l'origine, le temps n'est-il pas éternité et fugacité à la fois, fertile et stérile, passé et présent? Ses contradictions lui donnent du sens.
Et je débitai ces paroles au coeur de la nuit, sans m'être consultée auparavant. Je me rendais compte que passé le seuil du vespre, tout juste émergée d'une veille profonde, j'avais comme accès à un état de conscience supérieure. Tous les mots se fondaient dans l'expression la plus spontanée, et les verbaliser projetait la lumière sur leur sens originel. La parole semblait fluidifiée par cette absence de confrontation de moi à moi, exercice si bien intégré que la journée et ses moments morcelés m'obligent à faire instantanément. J'ai tellement peur de ne pas être cohérente et précise que je passe mon temps à trouver les bonnes formulations, les bonnes transitions, annihilant le ressenti du mot, annihilant la texture du mot, et les résonances nouvelles qui en découleraient si jamais je l'écoutais, je le sentais, et je le goûtais comme un fruit juteux qui s'éparpillerait et ferait naître de nouvelles pousses.
La nuit, tous les repères temporels sont détruits. On traverse une phase où entre chien et loup, on ne discerne plus bien les hommes, les animaux, les heures, les lieux. Tout se fond en une seule énergie qui est celle de la nuit prolifique et mystérieuse. J'aimerais vivre un peu plus la nuit, re-découvrir des paysages que je ne connais qu' éclairés par une lumière diurne, écouter les changements de rythme des choses tout autour. Mais si tous les êtres en prenaient conscience, alors ils vivraient plus la nuit, et gâcheraient ce moment sacré en le profanant d'ivresse assourdissante et de paroles parasites. La préciosité de cet espace-temps ne tient qu'aux interdits et aux craintes qui le caractérisent... il est défendu de se promener dans les parcs, errer dans les rues ne semble pas approprié, ni même laisser sa fenêtre ouverte sur la nuit. Rien d' « approprié »! Mais approprié à quoi? Aux règles implicites de la journée? De la vie découpée en tranches horaires et en devoirs et dettes multiples? Pourquoi devraient-elles régir le seul moment qui nous appartienne réellement, et enfin, pourquoi devrions-nous nous approprier ces devoirs qui ne sont pas les nôtres?
J'ai envie de mieux connaître la nuit et d'explorer les mondes de la veille, du sommeil paradoxal, et de voir mes rêves essaimer, ma langue se délier, mes idées délirer, et enfin bâtir des châteaux hantés, sans qu'aucune loi ni morale n'entrave cette dynamique nocturne...

Une vie autre

Grandir autrement,
c'est une revue écrite par journalistes, mères et pères de famille, écolos engagés, qui nous donne une autre perspective sur la façon de mener notre vie, sur ce qui doit gouverner notre rythme... notre for intérieur ou bien ce que la société et les infrastructures préconisent comme étant "bien" pour nous? Une réflexion sur ces dernières, en évaluant ce qu'elles nous apportent et ce qu'elles nous imposent.
Un long cheminement vers une autonomie de l'être et une indépendance de pensée.
Au sommaire : vie de famille, maternage, écologie... Thèmes qui nous concernent tous, questions que nous aurons un jour à nous poser en tant qu'adultes, parents enfants, individus à part entière.
Bref, c'est une revue et une "couleur" qui correspond parfaitement à ce que j'avais besoin de lire récemment, et non pour me rassurer dans mes choix, mais plutôt confirmer mon ressenti... J'aime cette revue et le ton donné par les journalistes, car elle nous exhorte à être à nouveau propriétaires de notre corps et de notre esprit, à faire de nous des individus à tous les sens du terme. Liberté individuelle, choix qui nous appartiennent, responsabilité individuelle...
J'ai trop souvent l'impression qu'on nous pousse d'un côté (*nous : école, travail, médias, personnes autour de nous, comme un gros nuage collectif, une entité pensante collective*) à devenir des êtres adultes et responsables (s'assumer, travailler, gagner de l'argent, avoir une maison, faire un prêt, le rembourser, avoir une vie sexuelle, avoir des enfants, une voiture, bla bla bla) mais que d'un autre côté l'école/les médias/et surtout les infrastructures auxquelles nous sommes souvent confrontés : hôpitaux/entreprises/employeurs etc. nous réfrènent et nous infantilisent au maximum en réduisant notre liberté de mouvement et d'action.
J'aime, lorsque je fais un choix, qu'il soit entier. Que de ma décision germée dans mon esprit jusqu'aux actes et aux conséquences produites par ce choix soient sous mon contrôle et mon pouvoir. J'accepte l'aide, j'accepte les aléas de la vie, mais je n'accepte pas qu'on s'approprie mes choix et leurs résultantes. Je n'accepte pas qu'on m'impose un diktat mental et physique émanant de quelque source que ce soit.
Des exemples de la vie de tous les jours : une coiffeuse qui s'offusque que je refuse des produits qui ne sont pas naturels, des visites médicales humiliantes et dégradantes dites "de routine" (mon corps m'appartient tout comme ma pensée, donc tout comme je refuse que ma pensée soit manipulée, je refuse qu'on fasse la même chose sur mon corps), des interdits quant à la façon de se vêtir (une jupe dans un établissement en zep = prête à se faire violer), and so on, and so on... Et encore je ne parle que de mon expérience personnelle, mais j'imagine qu'au bout d'une vie on a du en voir défiler beaucoup plus...
Bref, je préconise absolument la lecture de ce magazine et blog pour comprendre un peu ce qui nous entoure, et comment les êtres humains ont désappris la liberté...

mercredi 23 juin 2010

Argentique...

J'ai toujours eu cette nostalgie de l'argentique, comme la nostalgie des cassettes, des vinyles, des rétroprojecteurs... Je sais c'est débile, je n'ai même pas connu l'époque des vinyles, mais j'ai ce côté poujadiste dans l'âme, ce côté "c'était mieux avant" très con, mais pourtant tous ces objets avaient tant de charme! Je n'y peux rien, ils m'attirent!
Pour l'argentique c'est un peu différent. J'en ai fait pas mal de 16 à 20 ans, puis on m'a offert un très bon numérique. Je ne le quitte plus, mais il est clair que ma relation à la photo a complètement changé depuis, et ce constat m'attriste atrocement. Je n'ai plus cette attente où je frétillais d'impatience à l'idée de découvrir mes clichés, et surtout je ne développe plus mes photos. Plus par flemme qu'autre chose, mais je trouve que le numérique rend trop fainéant. C'est tellement facile que c'est trop facile d'aller faire développer ses photos, alors on n'y va même plus. Et c'est nul, parce que des photos ne vivent vraiment que sur le papier, et pas sur un écran. Donc là je vais me trouver une pellicule noir et blanc pour reprendre mon bel argentique, et faire à nouveau des portraits, des paysages, des scènes de la vie... que je développerai forcément! Parce que malgré tout, j'ai beau aimer le numérique, les photos argentiques noir et blanc sont tellement plus belles, tellement plus contrastées, tellement plus noir et blanc légèrement sépia et pas ce bleuté grisâtre pourri des numériques! Je n'ai jamais retrouvé cette qualité de l'argentique dans le numérique noir et blanc... Alors je crois que je vais faire tous mes clichés nb en argentique dorénavant...
Quelques vieilles photos argentiques photographiées à l'aide du numérique ^_^





vendredi 18 juin 2010

Expression corporelle.

En ce moment, tout mon corps et mon esprit se pressent pour s'exprimer jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de jus du tout-qui semble infini ces jours-ci-et parler dans un langage que je n'ai jamais appris. Je le découvre au fil des mouvements spontanés, et je crois que j'aime beaucoup ça. Je me souviens des paroles de Paul Valéry au sujet de la danse et de la marche... La marche est telle la prose, elle s'assigne un objectif précis, alors que la danse est telle la poésie, elle déambule, funambule, elle va nus pieds, sans but! (Il le disait de façon beaucoup moins folichonne, mais en substance, c'est l'idée). Et en ce moment... je suis portée par la danse, la poésie, l'errance créatrice, la fantaisie impromptue et l'émotion brute.

jeudi 17 juin 2010

Créer.

Créer, créer, créer, il n'y a que ça qui compte à mes yeux. Je suis fatiguée d'entendre des interprètes, de voir des interprètes. Il y a certainement des gens qui ne veulent pas se fatiguer, et à qui ça convient très bien d'imiter, de jouer un rôle perpétuellement. Un éternel interprète est aussi un imposteur de sa propre vie. On a tous la capacité de faire quelque chose de notre vie, de la créer et la composer comme bon nous semble... dans une certaine mesure. Se rendre compte de son aliénation est un premier pas dans la composition et la création de sa propre vie.
L'imitation est un bon exercice, mais il présente de grandes limites. Je prêche l'imitation en vue d'acquérir une technique, des idées que nous n'aurions pas eues tout seul, le talent n'est heureusement pas inné, il se travaille, se modèle et se façonne. Mais comment refuser de ressentir toute la jouissance suprême à créer, composer, accoucher du fruit de notre esprit? Comment ne pas céder à la possibilité de transcender une oeuvre en se l'appropriant, en pratiquant le lâcher prise, et accéder à une sorte de transe mystique? Je pense que nous sommes tous les instruments de la Transcendance, et nous avons tous la capacité d'écrire, danser, chanter, s'exprimer, inventer et composer des instants d'Eternité, dans lesquels d'autres se reconnaîtront, voyageront, jouiront, s'abîmeront.
Mon problème est que j'aime tellement tout m'approprier et tout recracher à travers mes brouillaminis personnels, que je crée avant d'acquérir la technique si précieuse à l'artisan. Du coup, ça donne des petites merdes, comme on peut s'en douter. Mais je jouis intensément quand j'arrive à faire ma petite merde correctement. Je sais que la merde en barre m'acheminera vers la merde liquide, vers la crotte, puis peut-être jusqu'à la fleur pour filer la métaphore.
Il y a des domaines où d'un point de vue général, je suis un peu moins une merde, mais il y a des domaines où je me lâche totalement en n'apprenant quasiment pas de technique par découragement constant. Quand il n'y a pas d'émulation sociale, je me décourage. Je veux dire : quand il n'y a pas un groupe avec des éléments de comparaison, je me décourage... Seule, je vois quelque peu mes progrés, mais je me lasse de jouer/écrire/danser seulement pour ma gueule.
On a tous besoin de co-équipiers, d'un auditoire, de gens qui aiment, de gens qui soutiennent. Sinon on resterait dans son lit, voûté et tout dégueu. J'ai tellement besoin de (mon) co-équipier(s), d'un auditoire. J'ai tellement besoin de communiquer ce qui m'anime. Et de communier avec les autres. J'ai tellement besoin d'évènements fédérateurs humainement parlant. Assister à un concert, entrer dans cette putain de transe que j'aime tant, de proposer ce que je fais et pense à d'autres ouverts à la discussion. J'ai tellement besoin d'approfondir, d'écouter, et de parler, parler, m'exposer, prendre des risques. Qu'on me balance des objets à la gueule, qu'on me prenne dans ses bras, qu'on me déchire dans une étreinte fatale! Bordel, j'ai besoin de contactS.
Et par-dessus tout, je demande qu'à partager. Partager ce que je connais, qu'on me fasse partager sa vie, ses choix, son histoire, ses expériences et son savoir. Partager et improviser ensemble. Créer une oeuvre instantanée, inédite, unique, que ce soit une conversation passionnée, une chanson enflammée, la lecture embrasée d'un poème... Tant que l'Emotion du moment nous unit dans une eurythmie de folie, un moment où on se situe exactement sur la même longueur d'onde, tous dans le rouge, tous dans le bleu, tous dans le vert... Le spectre lumineux n'aura alors plus de secrets pour nous.
Je suis la personne la plus frustrée au monde quand on me demande de voir/assister sans participer. Quand on me dit "je vais te parler du Livre des Esprits" et que ça vire au cours magistral. Je peux ne pas parler et être absolument présente et unie a mon interlocuteur. Mais qu'on laisse de la place au ressenti, bordel. J'ai l'impression de trop souvent assister à un cours dans ma vie. Tiens voilà, je vais te parler d'un truc passionnant, je vais te jouer un air incroyable, mais toi tu n'as pas ta place, tu regardes et tu la boucles. Je comprends bien que mon interlocuteur ne veut ou ne peut me faire de la place. Ou il a un égo tumescent ou il a une honte qui le ronge, il se cache derrière son talent, il ne m'offre rien. Je suis FRUSTREE.
J'ai tant besoin qu'on m'offre, et j'ai besoin d'offrir. Fin du chapitre 1.

jeudi 10 juin 2010

Ecrit-Vain

être écrivain c'est se poser de vraies questions, ça n'a rien a voir avec la narration. Il s'agit de parvenir a discerner une interrogation dans le flou artistique de la vie. C'est de s'emparer de cette interrogation et de mettre en place son décor pour qu'elle éclate sous le feu des projecteurs, déshabillée par les yeux des lecteurs...