C'est dingue comment c'est toujours la même chose chaque année, à peu de choses près... En octobre, je savoure les derniers instants de douceur, chaleur, en novembre/décembre, je fais une cure d'ascétisme émotionnel/relationnel..., en janvier, je recommence à fomenter des plans, des projets, tout doucement.. en février/mars les choses refleurissent peu à peu, et j'esquisse quelques brouillons, les pulsions se font beaucoup plus fortes. en avril/mai, c'est l'acmé relationnelle, créative et instinctuelle. en juin/juillet, je m'arrête soudain, tout me semble figé. en août/septembre, je me hâte, et médite beaucoup plus, puis l'année boucle la boucle fin octobre, au zénith parfait entre débris de plaisir, méditation-recentrage et épurement. J'aime l'automne pour la douceur qu'elle dégage, la caresse du froid qui crée un rééquilibrage. L'été me laisse complètement atone, neutre, le printemps me submerge trop, et l'hiver demande une certaine lutte de territoires pas toujours évidents à concéder. Mais pourtant, je crois que j'aime cette influence saturnienne, car je sais qu'elle m'apporte ce que je ne fabrique pas naturellement.
mardi 19 novembre 2013
Solitude
C'est dingue comment c'est toujours la même chose chaque année, à peu de choses près... En octobre, je savoure les derniers instants de douceur, chaleur, en novembre/décembre, je fais une cure d'ascétisme émotionnel/relationnel..., en janvier, je recommence à fomenter des plans, des projets, tout doucement.. en février/mars les choses refleurissent peu à peu, et j'esquisse quelques brouillons, les pulsions se font beaucoup plus fortes. en avril/mai, c'est l'acmé relationnelle, créative et instinctuelle. en juin/juillet, je m'arrête soudain, tout me semble figé. en août/septembre, je me hâte, et médite beaucoup plus, puis l'année boucle la boucle fin octobre, au zénith parfait entre débris de plaisir, méditation-recentrage et épurement. J'aime l'automne pour la douceur qu'elle dégage, la caresse du froid qui crée un rééquilibrage. L'été me laisse complètement atone, neutre, le printemps me submerge trop, et l'hiver demande une certaine lutte de territoires pas toujours évidents à concéder. Mais pourtant, je crois que j'aime cette influence saturnienne, car je sais qu'elle m'apporte ce que je ne fabrique pas naturellement.
jeudi 22 décembre 2011
Tout est possible
mardi 6 décembre 2011
's wonderful, marvellous...
Je commence dés demain à travers un petit périple dans la ville de Poitiers, armée du Canon, et du désir de découvrir le hidden Poitiers, le Poitiers underground, de dénicher des petits trésors. Au rapport tomorrow night.
mercredi 30 novembre 2011
Le reflet des hêtres
Elle n'avait pas réussi à incarner leurs désirs. Elle n'avait pas réussi à devenir le fruit de leurs projections, de leurs ambitions. Seule, elle se promenait le long du fleuve bordé de hêtres. Tous semblaient l'épier et aspirer à l'atteindre de leurs branches éplorées. La surface de l'eau stagnante ne reflétait pas son image, mais seulement les débris d'une vie aquatique morte. Ils voulaient tous le meilleur pour elle, ils la voyaient au sommet de la pyramide, mais elle, elle trônait sur une pile de feuilles arborant les teintes du déclin. Les être chers faisaient pousser en elle le désir de croître éternellement en évinçant la mauvaise herbe. Leurs yeux, braqués sur elle telles des lampes accélérant la croissance des plantes, ne la lâchaient pas. Leurs yeux étaient devenus ses yeux. C'est alors que le chemin se fit de plus en plus étroit. Le feuillage des hêtres prenait tellement d'ampleur que la vue en était totalement bouchée. Il fallait rebrousser chemin, ou se frayer un passage. Elle posa un pied timide sur les branchages morts, et commença à arracher des brindilles, puis des branches, elle les soulevait, les écartait, les soulevait, les écartait... Jusqu'à ce qu'une colère éclair née de la monotonie étrange du geste la saisisse. Elle se vit accomplir ce geste répétitif et insignifiant, et vit que ses efforts n'étaient pas vraiment récompensés. Une fureur de vivre l'envahit. Elle ne voulait pas finir pâle comme une tige molle, ou encore fripée comme une vieille feuille à l'orée de la disparition totale. Elle ne voulait pas être à moitié présente, à moitié vivante. A moitié prisonnière du feuillage, et à moitié dehors. A quoi rimait cette tiédeur ? Pourquoi vivait-elle ici bas ? Pour arracher les mauvaises herbes et aller se coucher ? Si elle voulait vivre, il fallait exprimer plus d'envie, plus de force, plus de vigueur. Prendre cette branche qui obstruait sa volonté, la tordre, et la briser ! Imposer ses désirs, puis se laisser guider par le vent...
Le vent avait été son ami depuis toujours, il l'avait portée jusqu'en haut des cimes. Le vent chaud du sud, le vent réconfortant, qui caressait les mosaïques incomplètes et biscornues de son être. Il avait été son allié, malgré sa pluralité, ses petites incohérences. Il semait les graines de ses douces rêveries, de ses douces folies... Il ne cessait de souffler, et ne cessait de lui insuffler d'autres souhaits. Elle se visualisait danser de l'autre côté des falaises, briller, et enfin devenir quelqu'un. Vivre. Mais aujourd'hui, elle venait de quitter le sud et sa douceur, les montagnes de succès qui la faisaient fantasmer à un futur fait de fortune et de reconnaissance. Jamais elle ne s'était confrontée à elle-même, projetée dans la vraie vie. Perdue dans ses pensées, elle heurta un petit tas de pierres grises. Elle était enfin sortie de l'enclave végétale. Une éclaircie réchauffa sa peau et son cou dénudé. La suavité diffuse de ce rayon l'enlaça et lui procura un soudain bien-être, presque organique, irrationnel. Elle n'avait pas ressenti cela depuis les promenades de son enfance. Ce modeste rai de lumière la plongea dans d'autres souvenirs. En présence de ses parents, elle pouvait se taire, être elle-même dans la plus grande simplicité, dans le plus grand dépouillement. Elle n'avait nul besoin de se parer de couleurs et de fards pour éviter de laisser son mal-être transparaître. Elle pouvait le laisser circuler librement, comme une brise qui caresse le dos des feuilles, soulève une vaguelette, mais ne crée pas de torrent. A présent, le soleil se dissimulait derrière une épaisseur cotonneuse de plomb, et la laissait seule dans son errance. Plus de souvenirs auxquels se raccrocher. Plus de bien-être cellulaire incontrôlable. Seule. Dans l'obscurité. Grandir. Les pierres le lui murmuraient. Le vent serait sa boussole. Elle continua sa route le long des hêtres, et regarda droit devant elle le chemin clair et tout tracé. Elle quitta les lianes volubiles ainsi que le cloaque mêlé de feuilles mortes et de cailloux. Elle quitta les derniers oripeaux du passé qui la tenaillaient encore, et avança sans se retourner. Flèches de feu dans le regard.
vendredi 18 novembre 2011
Elégie, San Francisco, Journal fantasmatique

Voyage intérieur
mardi 15 novembre 2011
Crachat de Fiel
Est-ce que ça vaut vraiment le coup?
Boules, Clodo et Honte
J'me tape la TE-HON, des dizaines de BOULES roulent dans le bus, all-eyes-on-me-blushing-blushing, la clodo du bus me prend en pitié (je devais vraiment avoir l'air d'une chiasse), et me FORCE à lui donner mon sac de boules pour qu'elle les "garde" le temps du trajet. Et moi je la laisse faire. Qu'est-ce qui est le plus INCONGRU dans cette histoire? La folie de ces évènements successifs ou ma propension à laisser une telle folie s'exprimer librement à CHAQUE FOIS?
jeudi 21 avril 2011
mercredi 20 avril 2011
Et on ne grandira jamais...

On a été et on est bercé de ça :
- des pouvoirs magiques qui consistent à brandir des baguettes magiques et lancer des regards mystérieux de la mort qui tue (en imaginant que nos yeux jètent des éclairs) en se proclamant clairvoyants lucifériens


- des groupes de copines goth/sorcières/perdues/geek/cool, rayez la mention inutile, avec qui on traîne tout le temps car plus on fait les mêmes trucs collectivement, (souhait clanique oblige) plus on se fabrique de l'identité individuelle. (c'est tordu hein?)


- des livres trop anciens trop rares qu'on pourra montrer à ses copines en se la pétant grave. (t'as vu, j'ai un livre unique = t'as vu, j'suis unique = je possède donc je suis.)


- des trucs de ouf trop sensationnels qu'on fait avec ses potes entre les pyjamas parties et les boutiques. "c'était pas notre imagination non!" (putain on est vraiment originales et uniques! = distorsion de la définition d'unicité... ah bon un groupe c'est pas "un"? peut-être UN cerveau pour 4 oui...)
- une maison de folie qu'on partagera avec notre bande de potes de fac dans laquelle on fera une coloc bigarrée et joyeuse pour toujours.



- une carrière d'écrivain parce qu'à 10 ans on écrivait des poèmes que les parents affichaient à côté des photos de famille sur la cheminée...


- le lifestyle de rockstar qui va avec

- une carrière de musicien parce qu'on gratouille une fois l'an...

En conclusion,Ne nous méprenons pas, j'ai pris du LSD et des anabolisants dans mon biberon, j'ai bien été élevée aux herbes magiques, et je mangeais ma soupe dans un chaudron.
J'ai adoré ces années de rêve, et je rêve toujours autant. Mais je dois faire un bilan de mon utilité sociale : nulle. Je ne pourrai pas vivre éternellement ainsi, pourtant entrer dans l'engrenage du travail et de la normalité me donne de l'urticaire et me fout les pétoches à mort. Pas mal de gens de ma génération ressentent la même chose, et cultivent aussi leurs jardins utopiques avec ardeur. Le point G arguait que toutes ces séries, ces films n'avaient pas forcément aidé. Je suis d'accord, je suis toujours aussi fan de Buffy, des supers pouvoirs, et je serai toujours bon public pour qu'on me lance de la poudre aux yeux. Mais je reconnais que tout ce pan strass et paillettes de nos vies nous donne une vision tellement géniale-wahou-méga-épileptique des choses que la normalité paraît fadasse à côté. Et se reconnecter aux choses simples et nécessaires à notre survie devient difficile. Réaliser un rêve c'est tout un parcours, on se berce un peu d'illusions, ça nous fait comme de l'électricité dans le corps, on vit pour ce rêve, et puis on le réalise, on se rend compte qu'il est somme toute pas si EXTRAordinaire que ça. Alors on poursuit un autre rêve pour obtenir cette sensation électrique à nouveau... Mais en ce monde, ce sont nos actions qui comptent. Ce sont les interactions qu'on aura avec les autres. Chercher dans le rêve la sensation de bonheur pour devenir frigorifiée par les sensations du réel, là c'est chaud. C'est la déconnexion. Et je me sens très souvent déconnectée. J'aimerais toujours rêver, mais je vais devoir essayer de me diluer dans la norme, juste pour (sur)vivre, et ne pas me désaxer de l'humain pour toujours.vendredi 24 décembre 2010
mercredi 22 décembre 2010
Poème de Yule
Caduque tu es, si couvert de lumière
Tu te trouves en été
C'est dénudé de tes apparats
Que l'hiver te façonnera.
Plonge tes mains dans le trou
Laisse la pénombre t'envelopper,
Cherche la clé pour faire sauter le verrou
Du monstrueux et du dissimulé.
En toi les énergies foisonnent,
Ne laisse pas les marionnettes faire la donne.
Ton coeur est profond comme une mer d'été
Ton corps se déploie comme le chêne des forêts
Ton âme croît comme un soleil d'amour.
Laisse ce temple mûrir nuit et jour.
Bordeaux. Voyage intérieur.
Octobre :
Voilà maintenant un mois que je suis bordelaise. Malheureusement, ce périple est un passage, et non un ancrage d'après les plans qui se bousculent dans ma tête. Mais les plans s'avèrent parfois de vastes chimères et la réalité une main puissante qui nous empoigne et contre laquelle nous ne pouvons lutter. Mon statut de bordelaise est donc nébuleux et indistinct, mais il se dessine au fur et à mesure que mon corps et mon esprit habitent cette ville.
Je ressens diverses émotions eu égard à mon nouveau berceau. Aristo, branché, wannabeparisian, rétro, ville-musée, population argentée et poésie des quais. Il y a de tout cela. Ici, on se sent rapidement important. Ecoles de commerce, banques, hommes et femmes d'affaire, il y a dans l'air l'amour de l'égo, l'amour du pouvoir. Les jeunes sont aériens, volatiles et pâles, les middle age sont ancrés, présents, et remplis de décisions. Les enfants sont des adultes miniatures aux moeurs et aux us décents et raffinés. Beaucoup courent après l'image et les icônes, ils les fusionnent avec leurs corps inachevés, leurs âmes affaiblies. Les toits sont beaux et poétiques, mais trop souvent préoccupés. L'horizon est apaisant car la perspective devient floue et ambiguë. Les premiers plans sont objectivement ravissants, mais trop de sentiments contradictoires en jaillissent. Comme dans toutes les grandes villes, on court après la paix. Dans les cafés, les parcs, les discussions le long des quais et les promenades amoureuses. Il y a ce sentiment d'ébullition où qu'on aille, comme si un nuage de feu peuplait notre tête et nous empêchait d'y voir clair, de dessiner un trajet limpide, comme si chaque vitrine, chaque arbre, chaque place, chaque distraction servait à nous détourner et à remplir notre être de colifichets et talismans vitaux. Contrairement à un village, ou toute zone moins encombrée sur le plan humain comme géographique, on ne peut définir sereinement notre relation de soi à l'univers. Dans un lieu moins dense, une relation de paix s'établit entre monde et être, le monde servant de miroir à l'homme. La distraction est diffuse, et permet la réflexivité. Il est très dur d'évoluer en toute objectivité sereine dans une ville aussi enfiévrée que Bordeaux. La concentration de choses, d'activités et d'âmes perturbe notre circuit interne. Notre fonctionnement propre en est érodé. S'installe paradoxalement un décalage dans la mécanique de l'être au fur et à mesure que le mécanisme de la ville semble de mieux en mieux huilé.
J'aime artistiquement parlant Bordeaux. Mais je n'aime pas humainement parlant la ville. Elle est trop épileptique de lumières et de divertissements dans le sens premier du terme, de détournements de ce vers quoi je tends naturellement. L'urbain et ses charmes laissent trop peu de place au naturel et à sa simplicité, sa vérité. Dans sa richesse et sa pluralité il y a aussi la fausseté, bien trop conquérante...
mercredi 15 décembre 2010
The 90's
Un grand espace à soi
On a besoin d'horizons dégagés pour nettoyer et élargir nos frontières mentales, on a besoin de grands espaces pour s'exprimer plus aisément, pour ne pas être heurté à la moindre contrainte qui nous renverrait à une matérialité bien trop présente, à des mouvements bêta bien trop répandus, au lieu de nous élever à l'alpha et au gamma... On a besoin de pulvériser nos plafonds LIMITATIFS, d'atomiser les murs, de destroy ce qui gêne notre épanouissement total.
L'espace réduit signifie (pour moi) relation réduite de soi à l'univers. Signifie repli sur les besoins primaires de l'humain ou sur ses obsessions, signifie circuit fermé car bien trop auto-alimenté. Invasion de l'obsession, de la monomanie, sphère physique et mentale complètement surinvesties. Peu de place pour l'émotionnel, l'artistique et le spirituel.
mardi 14 décembre 2010
Perpignan
Jamais je ne pensais ressentir un sentiment aussi puissant pour un lieu. Je me moquais bien des chauvins, mais maintenant je commence à saisir cet atavisme, cet attachement fort aux racines. Mes racines sont là bas, c'est là où j'ai grandi, vécu toute mon enfance invariablement, toute mon adolescence, où j'ai découvert la liberté, où j'ai éprouvé des joies, des désespoirs, où j'ai vu les plus beaux couchers de soleil au printemps, où le vent a failli m'emporter, où j'ai pu enlacer la mer Méditerranée jusqu'en septembre et sentir mon coeur battre à l'unisson des vagues brûlantes de poésie. C'est là que j'ai rêvé, heures et journées durant, à des ailleurs que je ne trouverai jamais. C'est là que j'ai appris, que j'ai aimé, que tout a commencé. Et c'est encore là-bas.
Je n'ai jamais retrouvé cette paix de l'âme ailleurs que là-bas.
Aujourd'hui je suis loin, je cours, je doute, je questionne, et cours, sans même danser... sans même rêver... tout n'est que praticité, nécessité de savoir TOUT DE SUITE, DEVOIRS... parfaits germes du doute et de la tristesse.
J'aime tout chez moi. J'aime prendre le bus qui s'éternise 45 minutes à faire tous les villages pour aller en ville, j'aime les quartiers cradingues et jouasses du centre, j'aime ces gens qui rient et parlent fort sans vergogne, j'aime la musique à fond des kékés le soir, j'aime mes autochtones de potes, j'aime le dédale des rues, j'aime ce côté village, ce côté cocon, cette proximité, cette curiosité. Car toutes ces qualités me manquent tant d'où je suis...
photos : http://www.visoterra.com/photos-perpignan/perpignan-le-canigou-et-la-tet.html
http://blog.bmykey.com/category/immobilier/actualite-en-france/languedoc-roussillon/pyrenees-orientales/perpignan/
Tu dépeuples les cœurs et attises les erreurs
Ton nom rampe comme une vipère assoiffée
Dont l'ombre chante d'acides vers éraflés.
On t'invoque t'adore et te glorifie
On s'inquiète s'écorche et s'horrifie
Car jamais le cœur autant ne subit
Que lorsque l'âcre rancœur s'écoule en un cri...
Aime! ou meurs, ainsi on te berce
Mais dans l'âme en silence on te blesse
Amour toujours tu es le rêve des songeurs
Aime, meurs, et accepte tes pleurs.

