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jeudi 5 décembre 2013

Nuit de décembre

Une nuit de décembre, charmée par le chant brumal
J'abandonnais la profonde torpeur végétale
Pour m'élancer jusque dans les bras de Séléné
Et lui confier mes rêves orphelins délaissés.

J'avançais donc guidée par les sanglots des fées
Et par les mutiques soupirs que la nuit avalait ;
Alors je parlais au vent, unique confident,
Car lui seul semblait m'écouter au coeur du néant.

La nuée m'enveloppait d'un doux voile
Et le ciel m'offrait ses regards aimants. 
Sous la bienveillance de la lune opale.
Je déposais quelques secrets ardents.


Les arbres recroquevillés sur mon passage
Comme des longs doigts plantés sur le rivage
Révélaient timidement le sentier
Que ma solitude avait dessiné.

Un lourd silence m'emplissait de plus belle
Inondant la forêt de cette ritournelle
Et son long et vrombissant murmure
Apaisait mes mystérieuses blessures.

dimanche 19 février 2012

Chiaroscuro romance with the sea

 
 
 
  
Les coquillages se perdent dans la chevelure ondulatoire de la mer. 
Nos idéaux, portés par le remous des vagues iodées, fusionnent.

lundi 13 février 2012

Floral kisses and sunset goodbyes, 
the sound of holy devils singing "die, die, die!" 
The earth split up, and dreams fell apart; 
it is the midnight glory, 
the crucial lie, so lonely, 
crawling itself a way into your veins; 
dark flowing vessels carrying Charon's message, 
carving the oblivion in our language: 
life after death after life after what? 
what is the goal after all? 
This maze we're caught in 
is nothing but a craze we've bought, dear; 
ten thousands squid embryos looking at us; 
sad sad eyes attempting to drown humanity 
and sink it into despair. 
Enfolding their black preened wings 
to enrapture our self-loathed souls lacking seeds of humanity; 
Encouraging dark mean links to grow and stir 
the holy devils raging inside instinctively.
As you vanish like a dying star in the twilight of your thoughts;
I'd love to pick you like a delicate forget-me-nots,
caught in the magic web of words
-sometimes sweet, sometimes sour
invocations of thy name; thy joy; thy sorrow.
As you're darting though the dark forest of dreams,
setting fire to the daffodils;
I crave to follow you;
tiny dragonfly hanging on your wings
and waving sweet goodbye to the older you and me.
If lovers have to die,
dreamers should one day part,
eternity is but a beloved lie
adorned with promises of the lark.
In the reverie of one night,
I foresee the destiny of thy bleeding heart;
glowing unforgiven tears;
concealed with loathsome happy smiles.
Could thou be more paradoxical,
hidden in your cabin of fantasies-how magical-
daydreaming this crappy carousel would one day end?
Admired for your contradiction,
my walking enigma;
I shall never touch your pure aura
for fear my love diluted your sweet apparition.

mercredi 30 novembre 2011

Le reflet des hêtres

Elle n'avait pas réussi à incarner leurs désirs. Elle n'avait pas réussi à devenir le fruit de leurs projections, de leurs ambitions. Seule, elle se promenait le long du fleuve bordé de hêtres. Tous semblaient l'épier et aspirer à l'atteindre de leurs branches éplorées. La surface de l'eau stagnante ne reflétait pas son image, mais seulement les débris d'une vie aquatique morte. Ils voulaient tous le meilleur pour elle, ils la voyaient au sommet de la pyramide, mais elle, elle trônait sur une pile de feuilles arborant les teintes du déclin. Les être chers faisaient pousser en elle le désir de croître éternellement en évinçant la mauvaise herbe. Leurs yeux, braqués sur elle telles des lampes accélérant la croissance des plantes, ne la lâchaient pas. Leurs yeux étaient devenus ses yeux. C'est alors que le chemin se fit de plus en plus étroit. Le feuillage des hêtres prenait tellement d'ampleur que la vue en était totalement bouchée. Il fallait rebrousser chemin, ou se frayer un passage. Elle posa un pied timide sur les branchages morts, et commença à arracher des brindilles, puis des branches, elle les soulevait, les écartait, les soulevait, les écartait... Jusqu'à ce qu'une colère éclair née de la monotonie étrange du geste la saisisse. Elle se vit accomplir ce geste répétitif et insignifiant, et vit que ses efforts n'étaient pas vraiment récompensés. Une fureur de vivre l'envahit. Elle ne voulait pas finir pâle comme une tige molle, ou encore fripée comme une vieille feuille à l'orée de la disparition totale. Elle ne voulait pas être à moitié présente, à moitié vivante. A moitié prisonnière du feuillage, et à moitié dehors. A quoi rimait cette tiédeur ? Pourquoi vivait-elle ici bas ? Pour arracher les mauvaises herbes et aller se coucher ? Si elle voulait vivre, il fallait exprimer plus d'envie, plus de force, plus de vigueur. Prendre cette branche qui obstruait sa volonté, la tordre, et la briser ! Imposer ses désirs, puis se laisser guider par le vent...

Le vent avait été son ami depuis toujours, il l'avait portée jusqu'en haut des cimes. Le vent chaud du sud, le vent réconfortant, qui caressait les mosaïques incomplètes et biscornues de son être. Il avait été son allié, malgré sa pluralité, ses petites incohérences. Il semait les graines de ses douces rêveries, de ses douces folies... Il ne cessait de souffler, et ne cessait de lui insuffler d'autres souhaits. Elle se visualisait danser de l'autre côté des falaises, briller, et enfin devenir quelqu'un. Vivre. Mais aujourd'hui, elle venait de quitter le sud et sa douceur, les montagnes de succès qui la faisaient fantasmer à un futur fait de fortune et de reconnaissance. Jamais elle ne s'était confrontée à elle-même, projetée dans la vraie vie. Perdue dans ses pensées, elle heurta un petit tas de pierres grises. Elle était enfin sortie de l'enclave végétale. Une éclaircie réchauffa sa peau et son cou dénudé. La suavité diffuse de ce rayon l'enlaça et lui procura un soudain bien-être, presque organique, irrationnel. Elle n'avait pas ressenti cela depuis les promenades de son enfance. Ce modeste rai de lumière la plongea dans d'autres souvenirs. En présence de ses parents, elle pouvait se taire, être elle-même dans la plus grande simplicité, dans le plus grand dépouillement. Elle n'avait nul besoin de se parer de couleurs et de fards pour éviter de laisser son mal-être transparaître. Elle pouvait le laisser circuler librement, comme une brise qui caresse le dos des feuilles, soulève une vaguelette, mais ne crée pas de torrent. A présent, le soleil se dissimulait derrière une épaisseur cotonneuse de plomb, et la laissait seule dans son errance. Plus de souvenirs auxquels se raccrocher. Plus de bien-être cellulaire incontrôlable. Seule. Dans l'obscurité. Grandir. Les pierres le lui murmuraient. Le vent serait sa boussole. Elle continua sa route le long des hêtres, et regarda droit devant elle le chemin clair et tout tracé. Elle quitta les lianes volubiles ainsi que le cloaque mêlé de feuilles mortes et de cailloux. Elle quitta les derniers oripeaux du passé qui la tenaillaient encore, et avança sans se retourner. Flèches de feu dans le regard.

Witches

I dreamt of witches.
I heard their voices.
Enthralled by their beautiful eyes,
And marvelling at their long black hair
That looked like dark daring crows,
I followed them into the night,
And fell for each and every one of them.

Qui si ce n'est moi...

Qui si ce n'est moi pour croire en moi?
Torrents de peine, parfois
Car je sais que l'espoir m'a quittée,
Que la magie m'a dupée,
Peut-on courber sa nature
Comme une tige qui se désaltère
Au fond d'un étang, et taire
Ses doutes et ses faiblesses,
Chanter, aveugle, sans cesse?
Peut-on courber sa nature
Comme un héron sur son îlot,
Assourdi par les imprécations, les mots,
Vivant sa vie en roi,
Ignorant tout des lois
Mais heureux, heureux, sans raison,
Torrents de joie, souvent
Car il est seul, et dans sa solitude,
Il croit en sa force, en ses turpitudes,
Tout comme j'aimerais croire,
Torrents de doute, toujours,
En moi-même, en l'amour
Sans faille d'une vie donnée,
En l'effort, et au cœur qui permet
D'avancer sans questions
Ni tergiversations :
Je suis, je vis, j'accepte, j'aime,
Je crois, j'espère, je donne, je sème.

lundi 28 novembre 2011

Dernières images du sud

(Perpignan)

Il est si dur de se séparer de ce qu'on a connu si bien! Si déchirant de vivre loin, au pays du ciel de plomb, et des couvertures de nuées enrobant nos têtes en mal de luminosité! Je ne pensais pas qu'un climat, une lumière, un relief, me manqueraient tant et créeraient ce vide autour de moi ; la pensée que l'automne poitevin est une période de stagnation, d'indifférence, de monolithisme d'un paysage morne sur l'humeur ambiante. J'attends avec impatience les rayons de soleil pour qu'ils mettent de la couleur à ce tableau bien triste. J'attends avec impatience les première neiges, dites de rigueur, pour qu'elles illuminent le paysage de leur blancheur presque phosphorescente. J'attends avec joie de pouvoir sentir le froid, la délicate fragrance des fleurs d'hiver, et de la glace mordante. Mais cette saison ne m'inspire guère de sentiments profonds, et mon esprit, tout comme mon corps stagnent telle une plante estivale dans un marécage mortifère.

Et le vent qui porte le message des voiles, message de liberté et de poésie, où est-il? Comment se sevrer de ce qui a porté notre propre poème durant toutes ces années? Comment réapprivoiser le langage des éléments et les faire siens?

vendredi 2 septembre 2011

Paul's Place, Chartrons



Au coeur du quartier des Chartrons à Bordeaux se niche un petit café atypique et so British : Paul's Place!
Paul est le gérant de ce lieu pittoresque, et nous propose un choix varié de boissons et de succulents gâteaux faits maison... Je vous recommande d'ailleurs le merveilleux carrot cake!
Cet endroit n'est pas seulement un salon de thé agréable dans un quartier agréable, il propose aussi des centaines d'ouvrages différents en anglais et en français que l'on peut consulter sur place, dont on peut discuter avec Paul, qui est un passionné de lettres et de cinéma. D'ailleurs tous les derniers jeudis du mois, il propose une soirée Poésie où tous les écrivains en herbe peuvent venir lire leurs propres poèmes à un auditoire féru de belles lettres... Chez Paul, il y a tout! De la bonne gastronomie, de la bonne musique, des bons bouquins et des bonnes discussions!
Petite anecdote personnelle : j'avais ce livre de poèmes de Paul Eluard en édition bilingue en double, alors je me suis dit qu'il agrémenterait bien les étagères de Paul. Je lui ai donné l'ouvrage de bon coeur, juste pour le remercier d'avoir crée un lieu aussi sympa, et il a tenu à m'offrir une part de gâteau tout en me remerciant chaleureusement. Y a pas de doutes, c'est le gérant le plus sympa et le plus généreux au monde!
Allez-y, vous ne serez pas déçus!

Mon conseil de visite :
* un samedi matin, allez visiter le quartier des Chartrons. Vous pouvez descendre à l'arrêt Paul Doumer (tram C), et vous rendre sur la jolie place abritant certainement quelques étals de livres anciens. Baladez-vous dans la rue Notre Dame, et visitez tous les antiquaires du coin, ainsi que les boutiques de créateurs indépendants qui fourmillent aux Chartrons! Puis passez évidemment chez Paul pour le goûter, et finissez (ou commencez, c'est selon!) par une petite balade le long des quais.

lundi 16 mai 2011

Sorcière ailée, ange azimuté

Sorcière ailée, ange azimuté,
Là où je marche et j'avance tu es,
Le soleil se cache, la nuit révèle
Les peurs et les désirs soupirés
L'amour n'est plus, le sexe se tue,
Vis dans le passé et absorbe le vieux tissu,
Le vieux tissu du temps dérobé
Celui d'un rapace étouffé,
Celui de ton envol encombré,
Celui de tes pairs remémorés.

Sorcière ailée, ange azimuté,
Là où je marche et j'avance tu es,
Tu nages sans fin dans le confins
De tes souvenirs au fond éteints
Le coeur se mord, l'ardeur se tort
Tout sera oublié et ton plaisir égratigné
Car pour exister, tu as désiré être
Celui qui crie dans l'éprouvette,
Celui qui danse le corps en fête,
Celui qui vit sans le peut-être.

Sorcière ailée, ange azimuté,
Là où je marche et j'avance tu es,
Ton grand cercle se décore
Autour d'une plaie béante que tu honores
L'oeil noir et craint s'élargit
Tu le poursuis tu lui souris
Pour que claquent tes équerres indolores
Et celui qui sait jamais ne dévore,
Celui qui voit s'arrête se déploie,
Celui qui tranche dort sur la loi.

Sorcière ailée, ange azimuté,
Là où je marche et j'avance tu es,
Le dieu que tu t'es maquillé
Dans l'abîme sera étalé
Le fard se répand sur des pans de présent
Efface et réitère les errances de ton chant
Ta plainte amère suinte l'éther
Ton oeil céleste s'aveugle et se perd
Pour celui qui vit, danse et croît,
Celui qui nourrit, aime et voit.