jeudi 6 décembre 2012
Stuck in the middle
L'émotionnel accapare, aveugle-t-il ou bien met-il en lumière les zones de pénombres qui nous encombrent?
Ici bas, il ne fait que pointer du doigt ma constante duplicité. Pas à l'aise, pas adulte mais pas ado, pas en symbiose, pas compréhensive ni compréhensible, à mi-chemin entre le désir de plaire à tous et le désir d'élever le débat, avec pour pendants, la peur d'être rejetée et la peur de rejeter. Sans cesse, ces idées se heurtent et s'entremêlent. Je désire une forme d'harmonie qui lorsque sous la coupe de l'émotionnel me semble évidente à atteindre, je vois des modèles, des parangons de réussite tout autour de moi, et rationalisant la situation, je vois bien que c'est une idée fabriquée, un construit de mon imaginaire tordu par dix mille complexes et peurs terrées. Et puis après, comme rien n'est jamais acquis, je me dis que ce n'est pas à moi ni qui que ce soit de vouloir élever quoi que ce soit, d'où en ai-je le droit? qui me proclame plus apte à pseudo-élever des êtres? Les parents le peuvent-ils? Déjà, je renie cette idée, les parents ne possèdent pas l'enfant. Ensuite, mes pensées, mes émotions invalident sans cesse le bien-fondé de l'école, de ses apprentissages, de ses rythmes, de ses obligations, de ses veto.
Je n'aime pas être un cadre.
J'aime plutôt être une fenêtre.
Mais puis-je réellement en être une? Il manque tellement de liant. Ce ne sont que des clous, du bois, et des carreaux épars. Rien de solide. Rien de droit.
Comment peut-on croire qu'on fait du bon travail quand on ne sait jamais quelle réception il peut y en avoir? Alors l'école devient enchaînement d'absurdités, un long et profond ennui de l'être, une vaine occupation...
samedi 2 juin 2012
Le néo-paganisme : USA vs FRANCE
Pendant que les manifestations aux USA étaient menées par des personnes comme Starhawk, en France, il y avait Simone de Beauvoir, incarnant le féminisme intellectuel. Finalement, les phénomènes qui se sont développés dans les pays Anglo-saxons et en France traduisent la pensée locale : aux USA, on fait plus confiance en une personne spirituelle, alors qu'en France, c'est la rationalité qui prime. Mais là où en France, le combat était surtout mené par les élites intellectuelles, j'ai l'impression qu'aux États-Unis par exemple, Starhawk ne touchait pas seulement l'élite, mais un peu toutes les couches de la population.
C'est assez intéressant de constater les différentes directions prises... En France, il aurait été compliqué de mettre en avant un tel mouvement, vue la tradition laïque et athée omniprésente, (stricte séparation de l’Église et de l’État depuis 1905) les croyances religieuses étant vues principalement comme des superstitions par l’intelligentsia française... Il n'y a qu'à voir l'analyse statistique de l'athéisme en Europe, la France remporte le premier prix avec 35% d'athées :
Aux États-Unis par contre, les croyances religieuses sont très prégnantes, 48 états oscillent entre 70 et 90 % de population se qualifiant de religieuse :
Pour la France (malheureusement, la carte ne montre que la croyance monothéiste en Dieu, mais cela ne doit cependant pas atteindre les sommets américains!), 35% semble concerné :
Pour conclure cette vague et rapide analyse non-représentative de la richesse polymorphe de la réalité, je souhaiterais avoir vos avis : selon vous, qu'est-ce qui a construit le mouvement néo-païen en France, aux USA? Ailleurs? Quelles autres différences constatez-vous?
* voir le site de statistiques http://www.religioustolerance.org/wic_nbr2.htm qui énumère les différents sondages réalisés à ce sujet.
dimanche 27 mai 2012
Le Peuple de l'Invisible
dimanche 19 février 2012
Chiaroscuro romance with the sea
lundi 13 février 2012
I'd love to pick you like a delicate forget-me-nots,
caught in the magic web of words
-sometimes sweet, sometimes sour
invocations of thy name; thy joy; thy sorrow.
As you're darting though the dark forest of dreams,
setting fire to the daffodils;
I crave to follow you;
tiny dragonfly hanging on your wings
and waving sweet goodbye to the older you and me.
dreamers should one day part,
eternity is but a beloved lie
adorned with promises of the lark.
In the reverie of one night,
I foresee the destiny of thy bleeding heart;
glowing unforgiven tears;
concealed with loathsome happy smiles.
Could thou be more paradoxical,
hidden in your cabin of fantasies-how magical-
daydreaming this crappy carousel would one day end?
Admired for your contradiction,
my walking enigma;
I shall never touch your pure aura
for fear my love diluted your sweet apparition.
mardi 17 janvier 2012
Le beau? (notes brouillonnes)
Certains associent l'idée du beau à celle de "l'agréable". Mais le beau n'implique généralement que la vue. L'agréable implique les autres sens, et touche à la notion de plaisir qui est une sensation corporelle. Mais le lien beauté/plaisir ne tient pas la route car la personne jugée belle ne garantit pas de "plaisir" pour autant! Le plaisir ressenti face à sa contemplation ressemble à celui ressenti lors de la contemplation d'une statue, d'un tableau, d'un paysage que l'on trouve esthétiquement harmonieux, stable, régulier. Certes, une certaine beauté se dégage d'une personne vivante en mouvement, mais dans cette "contemplation", on ne peut s'y perdre, ni mettre tellement du nôtre comme dans une oeuvre d'art immobile-réceptacle de nos projections et désirs. Face à la belle personne, nous sommes aussi attirés par la conjugaison nouvelle des sens et du mouvement (non trouvée dans la contemplation d'oeuvres d'art). Ce qui nous attire dans la "beauté animée" de la belle personne, c'est son aspect nouveau, autre mais proche, partenaire sexuel potentiel identique mais différent, identique et dans cette similarité on y retrouve le point commun avec la contemplation de ses propres idées dans une oeuvre : on contemple un peu de soi et de ses projections dans autrui ; autrui demeure dans ces moments-là le fameux miroir agréable. Mais dans cet aspect nouveau de l'autre se loge aussi une quête de soi : on est attiré par la nouveauté, car elle représente ce que nous n'avons pas exploré, ce que nous ne connaissons pas de nous : l'autre qui nous attire demeure notre lien vers le monde. Sans autrui, nous vivons dans le pur solipsisme, et sans notre engagement envers autrui, le désir irrationnel de le suivre, l'impulsion grégaire de s'entourer de monde autour de nous fait qu'autrui nous sert un peu de fil d'Ariane dans le dédale vivant que nous traversons quotidiennement, presque aveuglement.
La beauté plastique ne m'émeut pas tant : je la contemple, je m'y perds (dans l'harmonie parfaite), j'y contemple mes propres songes/pensées, mais je ne suis pas "aroused". Par contre, ce qui me fait plus d'effet, c'est l'Eros absolu : le voilé/dévoilé, laisser entrevoir, cela attise le désir et donc le plaisir (bien que le plaisir puisse aussi naître de la contemplation du beau), mais c'est un vrai plaisir-quête de +/désir. Pour moi, la beauté seule n'est pas suffisante, je préfère qu'elle soit animée par une chaleur, un désir de vivre, une certaine impétuosité, qu'elle incarne ce que je n'ose pas être et admire, et aimerais devenir. Mais le désir s'instaure souvent pour des êtres qui ont plus vécu, qui ont ce bonus d'expériences, car ce sont des fils d'Ariane plus intéressants que ceux qui en savent autant que moi. J'aime qu'être avec cette personne soit à la fois un défi et l'impression d'être avec un pair, un sentiment constant de jouer sa place et d'être avec les siens, à sa place.
jeudi 22 décembre 2011
Tout est possible
jeudi 8 décembre 2011
Emilie la serrurière
je sautille de coquelicot en coquelicot,
le sourire en bandoulière,
mes songes pour idéaux,
et mes écrits pour doux vaisseaux.
Je navigue de contrée en contrée,
m'enivre de chaque parfum, chaque nectar,
et puise de ces cocktails magiques,
de longs poèmes qui offrent des clés.
Qui eut crû que je deviendrai un jour serrurière ?
Je fabrique des kyrielles de petites clés,
clés de fée ou bien clés des champs,
elles ouvrent les portes de maisons qui n'existent pas
et font naître de petites demeures aux frontières des rêves.
Quelques minutes pour acheter la maisonnée,
et pour toujours un songe y reste bien implanté.
Il parle aux habitants, les apprivoise,
et finit par se multiplier, et faire tinter
d'autres petits rires-éclair dans les chaumières !
Nos rêves nous portent,
doux vaisseaux tentaculaires,
pieuvres vagabondes et longues nuits ailées,
vers ces plages d'étreintes imaginaires,
et ces vallées de mots qui s'élargissent sans arrêt.
Comme éclate une chanson-fée dans les rayons de juillet,
je navigue de toit en toit, et dissous les barrières,
armée de clés aux petits rires-éclair.