Qui si ce n'est moi pour croire en moi?
Torrents de peine, parfois
Car je sais que l'espoir m'a quittée,
Que la magie m'a dupée,
Peut-on courber sa nature
Comme une tige qui se désaltère
Au fond d'un étang, et taire
Ses doutes et ses faiblesses,
Chanter, aveugle, sans cesse?
Peut-on courber sa nature
Comme un héron sur son îlot,
Assourdi par les imprécations, les mots,
Vivant sa vie en roi,
Ignorant tout des lois
Mais heureux, heureux, sans raison,
Torrents de joie, souvent
Car il est seul, et dans sa solitude,
Il croit en sa force, en ses turpitudes,
Tout comme j'aimerais croire,
Torrents de doute, toujours,
En moi-même, en l'amour
Sans faille d'une vie donnée,
En l'effort, et au cœur qui permet
D'avancer sans questions
Ni tergiversations :
Je suis, je vis, j'accepte, j'aime,
Je crois, j'espère, je donne, je sème.
mercredi 30 novembre 2011
Passer des heures dans l'obscur silence. Croire en ses mots, croire en ses rimes. Croire, l'excès de fantasmes? Croire et donner, n'est-ce pas assez? Donner tout court, sans croire, la vie ne demande pas moins. Mais alors, je chante à contre-courant de la vie. Et je ne sais pas où me situer. Tout donner selon les formules élucidées? Tout donner sans avoir cure du succès? Stupidité, aveuglement que de penser que la foi importe autant que le don? Que l'espoir permet l'accomplissement des amorces de lendemains heureux? Entendre, voir, que la vie et son représentant le plus proche ne croient pas avec ferveur, ni en l'espoir, ni en moi, je me sens à nouveau seule. Seule, mais à ma place. Seule, mais légitime. Car grandir s'organise ainsi, errer seul, sans coussinet greffé aux pattes quand on dérape! Errer seul, sans appui ni espoir d'autrui. Errer seul avec pour seule eau le don constant et pour sel l'espoir divin.
lundi 28 novembre 2011
Dernières images du sud
vendredi 18 novembre 2011
Elégie, San Francisco, Journal fantasmatique

Rues bigarrées comme des bonbons aux multiples saveurs ; tramway qui vous emmène aux sommets comme au plus profond des entrailles ; la mer déchaînée s'abat sur la ferraille rougeoyante, fruit d'un fantasme collectif et ainsi cultivée par ce dernier. On ne sait jamais où l'on sera demain ni même ce soir ; mais on sait qu'on ne sera pas seuls et que le panel de surprises dont regorge la ville ne s'éteindra pas de si tôt. A la fac de Berkeley, les cours les plus avant-gardistes y sont dispensés. On peut parler de littérature trans', ou assister à un cours d'écriture créative avec les plus grands auteurs. Tout y semble possible. On peut être qui on veut. Voici le journal fantasmatique d'une française en manque d'exil abreuvée de rêveries exotiques!
Voyage intérieur
Le récit de voyages est plus un vagabondage intérieur qu'un périple en terre inconnue. Il permet d'abolir les frontières intérieures/extérieures et de mirer dans la variété des reliefs la richesse de son paysage intérieur.
Libellés :
La Nature,
Vie et Rêverie
mardi 15 novembre 2011
Crachat de Fiel
Aujourd'hui, j'ai passé un entretien qui est censé valider ou non ma potentialité à enseigner dans le privé (est-ce que je ne suis pas tarée, est-ce que je ne suis pas à côté de la plaque). Et le plus drôle, c'est le sentiment de total décalage avec le milieu dans lequel je m'apprête (peut-être) à plonger. J'avais juste l'air d'une surexcitée survoltée, ouvrière du déridement des vieilles peaux de fions étroits. Si je recevais une réponse négative, j'avoue que je prendrais ça pour un signe divin : ne sois jamais prof! vraiment, je me dis que c'est un métier si dur. Il faut complètement annihiler sa personnalité pour n'être plus qu'un robot d'efficacité face aux élèves. Yes, je suis passée par tous les stades, je vais être ze prof qui va tout changer, qui va être plus cool, plus libre avec les mômes, plus compréhensif, plus humain... ce n'est que plus le bordel. je crois que cette approche douce et libre pourrait marcher sur un mini-groupe d'élèves assez jeunes. Mais ça foire total avec des gamins conditionnés par un système délétère de compétition constante, d'expression débordante de leur égo parfois boursouflé, le tout alimenté par les notes, le principe du meilleur et du plus nul, par les relations de force, et la vaine autorité qu'on développe dans le but de calmer pour si peu de temps une foule en rut, juste de quoi faire son cours dans des conditions pas trop dégueulasses. L'école est le berceau du mal-être social, et on décide de l'étouffer et de l'ignorer... bref, je suis passée par ce stade là, ainsi que celui de robocop (le premier qui parle j'le bute), mais en vrai, aucun des deux systèmes ne marche. Dans un cas, je suis hyper méga frustrée et pète occasionnellement une durite, ce qui excite d'autant plus les élèves et fout assurément une ambiance de chiottes, dans le deuxième cas, j'extermine tellement ma personnalité et ma sensibilité que je ne prends plus du tout plaisir à enseigner, car je me sens comme un robot d'autorité suprême. Je crois que pour éduquer, il faut avoir ce côté robot/inflexible, ne pas céder sur certains trucs (genre, t'as pas le droit de bouffer de la merde à midi, t'as pas le droit de sécher les cours à 8 ans, et bouffe ton chou-fleur, y en a qui crèvent la dalle), mais quand on choisit d'enseigner, on est réellement porté par notre passion, on étudie une matière par amour pour elle, et puis on se retrouve à travailler aux antipodes de cette même passion, complètement terrorisé par tous les problèmes auxquels on fait face SEUL, les problèmes des élèves qui nous envahissent, les problèmes avec les parents, les problèmes avec l'administration, avec les cours, les réunions à tire-larigot... le tout, SEUL, affecté à 600kms de sa famille, de ses amis, bref, SEUL, et triste, et mal payé (au début du moins).
Est-ce que ça vaut vraiment le coup?
Est-ce que ça vaut vraiment le coup?
Boules, Clodo et Honte
Il m'est arrivé un truc de nouille aujourd'hui, c'est débile mais je m'en remets toujours pas. Je me suis dit que ça valait le coup de partager mes plus belles hontes VOLUME 938 avec ce magnifique dessin!








Errata : "ce moment innomable de gêne" : ouhla, j'étais fatiguée là! rectifier par "ce moment de gêne innommable".


Conclusion :
J'me tape la TE-HON, des dizaines de BOULES roulent dans le bus, all-eyes-on-me-blushing-blushing, la clodo du bus me prend en pitié (je devais vraiment avoir l'air d'une chiasse), et me FORCE à lui donner mon sac de boules pour qu'elle les "garde" le temps du trajet. Et moi je la laisse faire. Qu'est-ce qui est le plus INCONGRU dans cette histoire? La folie de ces évènements successifs ou ma propension à laisser une telle folie s'exprimer librement à CHAQUE FOIS?
J'me tape la TE-HON, des dizaines de BOULES roulent dans le bus, all-eyes-on-me-blushing-blushing, la clodo du bus me prend en pitié (je devais vraiment avoir l'air d'une chiasse), et me FORCE à lui donner mon sac de boules pour qu'elle les "garde" le temps du trajet. Et moi je la laisse faire. Qu'est-ce qui est le plus INCONGRU dans cette histoire? La folie de ces évènements successifs ou ma propension à laisser une telle folie s'exprimer librement à CHAQUE FOIS?
vendredi 2 septembre 2011
Paul's Place, Chartrons
Au coeur du quartier des Chartrons à Bordeaux se niche un petit café atypique et so British : Paul's Place!
Paul est le gérant de ce lieu pittoresque, et nous propose un choix varié de boissons et de succulents gâteaux faits maison... Je vous recommande d'ailleurs le merveilleux carrot cake!
Cet endroit n'est pas seulement un salon de thé agréable dans un quartier agréable, il propose aussi des centaines d'ouvrages différents en anglais et en français que l'on peut consulter sur place, dont on peut discuter avec Paul, qui est un passionné de lettres et de cinéma. D'ailleurs tous les derniers jeudis du mois, il propose une soirée Poésie où tous les écrivains en herbe peuvent venir lire leurs propres poèmes à un auditoire féru de belles lettres... Chez Paul, il y a tout! De la bonne gastronomie, de la bonne musique, des bons bouquins et des bonnes discussions!
Petite anecdote personnelle : j'avais ce livre de poèmes de Paul Eluard en édition bilingue en double, alors je me suis dit qu'il agrémenterait bien les étagères de Paul. Je lui ai donné l'ouvrage de bon coeur, juste pour le remercier d'avoir crée un lieu aussi sympa, et il a tenu à m'offrir une part de gâteau tout en me remerciant chaleureusement. Y a pas de doutes, c'est le gérant le plus sympa et le plus généreux au monde!
Allez-y, vous ne serez pas déçus!
Mon conseil de visite :
* un samedi matin, allez visiter le quartier des Chartrons. Vous pouvez descendre à l'arrêt Paul Doumer (tram C), et vous rendre sur la jolie place abritant certainement quelques étals de livres anciens. Baladez-vous dans la rue Notre Dame, et visitez tous les antiquaires du coin, ainsi que les boutiques de créateurs indépendants qui fourmillent aux Chartrons! Puis passez évidemment chez Paul pour le goûter, et finissez (ou commencez, c'est selon!) par une petite balade le long des quais.
Paul est le gérant de ce lieu pittoresque, et nous propose un choix varié de boissons et de succulents gâteaux faits maison... Je vous recommande d'ailleurs le merveilleux carrot cake!
Cet endroit n'est pas seulement un salon de thé agréable dans un quartier agréable, il propose aussi des centaines d'ouvrages différents en anglais et en français que l'on peut consulter sur place, dont on peut discuter avec Paul, qui est un passionné de lettres et de cinéma. D'ailleurs tous les derniers jeudis du mois, il propose une soirée Poésie où tous les écrivains en herbe peuvent venir lire leurs propres poèmes à un auditoire féru de belles lettres... Chez Paul, il y a tout! De la bonne gastronomie, de la bonne musique, des bons bouquins et des bonnes discussions!
Petite anecdote personnelle : j'avais ce livre de poèmes de Paul Eluard en édition bilingue en double, alors je me suis dit qu'il agrémenterait bien les étagères de Paul. Je lui ai donné l'ouvrage de bon coeur, juste pour le remercier d'avoir crée un lieu aussi sympa, et il a tenu à m'offrir une part de gâteau tout en me remerciant chaleureusement. Y a pas de doutes, c'est le gérant le plus sympa et le plus généreux au monde!
Allez-y, vous ne serez pas déçus!
Mon conseil de visite :
* un samedi matin, allez visiter le quartier des Chartrons. Vous pouvez descendre à l'arrêt Paul Doumer (tram C), et vous rendre sur la jolie place abritant certainement quelques étals de livres anciens. Baladez-vous dans la rue Notre Dame, et visitez tous les antiquaires du coin, ainsi que les boutiques de créateurs indépendants qui fourmillent aux Chartrons! Puis passez évidemment chez Paul pour le goûter, et finissez (ou commencez, c'est selon!) par une petite balade le long des quais.
lundi 16 mai 2011
Sorcière ailée, ange azimuté
Sorcière ailée, ange azimuté,
Là où je marche et j'avance tu es,
Le soleil se cache, la nuit révèle
Les peurs et les désirs soupirés
L'amour n'est plus, le sexe se tue,
Vis dans le passé et absorbe le vieux tissu,
Le vieux tissu du temps dérobé
Celui d'un rapace étouffé,
Celui de ton envol encombré,
Celui de tes pairs remémorés.
Sorcière ailée, ange azimuté,
Là où je marche et j'avance tu es,
Tu nages sans fin dans le confins
De tes souvenirs au fond éteints
Le coeur se mord, l'ardeur se tort
Tout sera oublié et ton plaisir égratigné
Car pour exister, tu as désiré être
Celui qui crie dans l'éprouvette,
Celui qui danse le corps en fête,
Celui qui vit sans le peut-être.
Sorcière ailée, ange azimuté,
Là où je marche et j'avance tu es,
Ton grand cercle se décore
Autour d'une plaie béante que tu honores
L'oeil noir et craint s'élargit
Tu le poursuis tu lui souris
Pour que claquent tes équerres indolores
Et celui qui sait jamais ne dévore,
Celui qui voit s'arrête se déploie,
Celui qui tranche dort sur la loi.
Sorcière ailée, ange azimuté,
Là où je marche et j'avance tu es,
Le dieu que tu t'es maquillé
Dans l'abîme sera étalé
Le fard se répand sur des pans de présent
Efface et réitère les errances de ton chant
Ta plainte amère suinte l'éther
Ton oeil céleste s'aveugle et se perd
Pour celui qui vit, danse et croît,
Celui qui nourrit, aime et voit.
Là où je marche et j'avance tu es,
Le soleil se cache, la nuit révèle
Les peurs et les désirs soupirés
L'amour n'est plus, le sexe se tue,
Vis dans le passé et absorbe le vieux tissu,
Le vieux tissu du temps dérobé
Celui d'un rapace étouffé,
Celui de ton envol encombré,
Celui de tes pairs remémorés.
Sorcière ailée, ange azimuté,
Là où je marche et j'avance tu es,
Tu nages sans fin dans le confins
De tes souvenirs au fond éteints
Le coeur se mord, l'ardeur se tort
Tout sera oublié et ton plaisir égratigné
Car pour exister, tu as désiré être
Celui qui crie dans l'éprouvette,
Celui qui danse le corps en fête,
Celui qui vit sans le peut-être.
Sorcière ailée, ange azimuté,
Là où je marche et j'avance tu es,
Ton grand cercle se décore
Autour d'une plaie béante que tu honores
L'oeil noir et craint s'élargit
Tu le poursuis tu lui souris
Pour que claquent tes équerres indolores
Et celui qui sait jamais ne dévore,
Celui qui voit s'arrête se déploie,
Celui qui tranche dort sur la loi.
Sorcière ailée, ange azimuté,
Là où je marche et j'avance tu es,
Le dieu que tu t'es maquillé
Dans l'abîme sera étalé
Le fard se répand sur des pans de présent
Efface et réitère les errances de ton chant
Ta plainte amère suinte l'éther
Ton oeil céleste s'aveugle et se perd
Pour celui qui vit, danse et croît,
Celui qui nourrit, aime et voit.
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